Dès que j'ai su lire, j'ai compris que les mots ne veulent pas dire ce qu'ils disent.

À lire aussi de Eric Fottorino

Les gens qui n'ont rien dans le coeur pensent que les suicidés n'ont rien dans le ventre.
J'étais le survivant d'une histoire trouble qui nous avait séparés, une histoire douloureuse oubliée à dessein.
Je réalisai que chaque lettre du mot crier était contenue dans le verbe écrire. Ce fut une révélation : écrire, c'était crier en silence.
Le corps est la chair de l'esprit. Chaque tourment de l'âme laisse sous la peau une fêlure et dessus, une foulure.
Tout se passait dans son regard. Le regard de Lina. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Je lisais son trouble à sa façon de plisser les paupières. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour. La petite fille était invisible à mes yeux. Elle crevait les tiens. Chaque jour j'étais là, et chaque jour confirmait son absence. J'étais ton garçon, je n'étais que ça, mais j'avais pris toute la place.
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La place pour les enfants ne manque pas, dans le malheur des grands.